
Guide La prise de décision en urbanisme
Dans l'intérêt public, il appartient à la municipalité de diviser son territoire en zones. Ceci lui permet d'en déterminer la vocation afin d'y contrôler l'usage des terrains et des bâtiments ainsi que l'implantation, la forme et l'apparence des constructions.
Le zonage permet au conseil municipal :
Le zonage constitue un des principaux moyens utilisés pour :
Dans ce domaine, les pouvoirs habilitants se trouvent à l’article 113 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme.
Le zonage est simple à mettre en pratique. Il fixe des normes qui s’appliquent uniformément par zones, par secteurs de zones ou à l’ensemble du territoire. Par contre, d’autres règlements permettent une certaine flexibilité. Il s’agit des règlements sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), sur les usages conditionnels, sur les projets particuliers ou sur les dérogations mineures. Ceux-ci confèrent un pouvoir discrétionnaire qui admet un certain degré de latitude dans la décision.
Le règlement de zonage doit être rigoureux et précis, car il peut être utilisé contre les citoyens. Il doit donc être clair pour que non seulement les citoyens sachent et connaissent les formalités auxquelles ils doivent se soumettre préalablement à l’obtention d’un permis, mais encore pour que la municipalité puisse, par la suite, l’appliquer objectivement.
Habituellement, un règlement de zonage contient plusieurs types de dispositions :
Les dispositions normatives ne peuvent être arbitraires ou déraisonnables. Elles doivent donc se justifier et être indiquées dans le règlement pour les rendre applicables. En vertu de la « règle de l’uniformité », les usages sont soit autorisés dans l’ensemble de la zone en question, soit complètement prohibés. Les dispositions peuvent porter sur une variété de points :
, selon qu’ils sont autorisés ou prohibés.
d’une entreprise est autorisée dans une résidence, le règlement permet de prescrire le nombre maximal de personnes habitant ailleurs que dans une résidence et qui peuvent travailler dans celle-ci en raison de l’exploitation de l’entreprise.
).Aucun règlement municipal adopté en vertu d'une loi générale ou spéciale ne peut avoir pour effet d'empêcher :
Par ailleurs, un permis ou un certificat municipal ne peut être refusé et une poursuite en vertu d'un règlement ne peut être intentée pour le seul motif qu'une construction ou un local d'habitation est destiné à être occupé en tout ou en partie par une ressource familiale.
Pour plus de détails consultez la fiche sur les Équipements et les services à caractère culturel, récréatif et communautaire.
Le règlement de zonage est accompagné d’un plan qui représente le contrôle des usages et le découpage du territoire privilégié par la municipalité. La municipalité peut diviser le territoire en autant de zones qu’elle le juge nécessaire. Les limites des zones doivent être précises. Lorsque la description technique est ambiguë et que le plan de zonage est explicite, c’est ce dernier qui doit être appliqué. Toutes les cartes et tous les documents auxquels fait référence le règlement doivent y être joints. On ne peut donc se référer à d’autres documents cartographiques (p. ex., zones inondables du ministère de l’Environnement), car tous ces plans doivent faire partie du règlement.
Des grilles de spécifications accompagnent généralement le règlement pour en faciliter la compréhension. Il s’agit de tableaux où sont regroupées de façon schématique les exigences applicables par zone quant aux normes d’usage et d’implantation. Toutefois, ces exigences ne peuvent en aucun cas remplacer les dispositions du règlement. En cas de contradiction avec le texte même du règlement, c’est le texte qui prévaut. Finalement, les exigences contenues dans une telle grille doivent être autorisées par une disposition du règlement tout comme le contenu du règlement qui doit être conforme à la disposition législative qui en autorise l’adoption.
Le règlement de zonage autorise la municipalité à régir les usages temporaires (p. ex., permettre l’implantation d’un chapiteau de cirque sur un terrain pour une certaine période de temps).
Comme son nom l'indique, le règlement sur les usages conditionnels vise à permettre, à certaines conditions, qu'un usage soit implanté ou exercé dans une zone déterminée par le règlement de zonage.
Projets particuliers
Le règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble vise à permettre, à certaines conditions, qu'un projet soit réalisé malgré le fait qu'il déroge à l'un ou l'autre des règlements d'urbanisme de la municipalité.
Le zonage parcellaire (spot zoning) morcelle le développement en réservant un territoire de dimensions très réduites (parfois même un seul terrain) à un usage non prévu par le règlement général, et ce, souvent au profit des utilisateurs particuliers. Le zonage parcellaire n’est pas interdit s’il est motivé par l’intérêt public et si la municipalité n’enfreint pas son devoir d’agir avec équité en tenant compte des contraintes que la réalisation du projet peut avoir sur l’environnement du quartier.
Le zonage différé consiste à placer temporairement un territoire dans une zone de type « réservé » où ne sont autorisées de façon générale que des utilisations plus ou moins rentables comme l’agriculture ou le développement résidentiel de très faible densité. La municipalité attend qu’on lui soumette un projet de développement intéressant et amende par la suite son règlement en fonction du projet accepté. Le zonage différé n’est pas prohibitif s’il prévoit des usages restrictifs pour une période temporaire.
Pour invalider un règlement de zonage, la personne qui y est assujettie doit démontrer qu’elle est soumise à des entraves tellement oppressives et arbitraires que celui-ci ne peut se justifier dans l’opinion de personnes raisonnables.
Il importe de connaître certaines balises imposées par la jurisprudence et les autres lois qui peuvent invalider un règlement de zonage.
Par exemple, le règlement de zonage ne doit pas :
Lorsque le pouvoir de régir ou de prohiber est nettement établi par un texte de loi, ce qui est le cas en matière de zonage, une décision des autorités chargées de la planification de l’aménagement du territoire n’est pas illégale du seul fait qu’elle touche ou diminue l’utilisation potentielle et les profits que l’on peut espérer tirer d’une propriété.
Le droit de propriété n’est pas absolu et l’administration publique peut le restreindre pour une raison d’intérêt général. La diminution de valeur qui en résultera ne pourra être considérée comme une expropriation déguisée et n’emportera donc aucune indemnité. Ajoutons que la Charte canadienne des droits et libertés ne protège pas les droits économiques et de propriété. De même, la Charte québécoise des droits et libertés prévoit qu’une loi peut faire obstacle « à la jouissance paisible et à la libre disposition des biens. »
Il faut reconnaître qu’une corporation municipale, dans l’exercice du pouvoir de zoner, de discriminer l’occupation du sol, n’est pas tenue de suivre les usages que la loi du marché assignerait normalement à une parcelle donnée en l’absence de toute réglementation. Il faut donc aussi admettre qu’elle puisse ainsi confisquer, sans indemnité, une partie de la valeur économique de la propriété sans que les tribunaux n’interviennent. Si les autorités sont de bonne foi, si la réglementation d’urbanisme ou la prohibition édictée se justifie au regard d’une saine gestion, si celle-ci ne constitue pas un abus de pouvoir équivalant à une fraude, si les buts recherchés ne sont pas arbitraires, elles n’ont rien à craindre d’une intervention judiciaire, et ce, même si ces derniers causent préjudice à quelqu’un en particulier.
Tout règlement de zonage doit faire l’objet d’une consultation publique. Il doit aussi être soumis à la municipalité régionale de comté (MRC) pour approbation. De plus, pour des raisons de concordance, le règlement doit se conformer au plan d’urbanisme lorsque ce dernier est modifié ou révisé.
Certains des objets du règlement de zonage, lorsqu’ils sont modifiés, sont susceptibles d’être approuvés par les personnes habiles à voter
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