À Saint-Camille, un village de moins de 500 habitants de la région de l'Estrie, la population s'investit dans de multiples projets. C'est ainsi que Le P'tit Bonheur et La Corvée sont nés de la volonté des citoyens de se créer des organismes rassembleurs.
En 1988, le Groupe du Coin, un comité de citoyens de Saint-Camille dont est membre Sylvain Laroche, aujourd'hui président du P'tit Bonheur, décide d'acheter l'ancien magasin général du village, laissé à l'abandon. Le groupe voulait alors préserver cet établissement situé au cœur du village et, surtout, créer un lieu de rencontre pour la population.
Grâce à l'aide financière d'organismes tels Emploi-Québec et le Centre local de développement (CLD) de la MRC d'Asbestos, (par l'intermédiaire du Fonds de développement des entreprises d'économie sociale, provenant du ministère du Développement économique et régional), le projet de centre communautaire et culturel du Groupe du Coin a pu voir le jour et assurer sa viabilité au fil des ans.
Depuis 15 ans, Le P'tit Bonheur de Saint-Camille rassemble la population de cette petite municipalité rurale, tant sur le plan communautaire que culturel. Ce centre multifonctionnel abrite, entre autres, une salle de spectacle, une cafétéria et une galerie d'art. Il offre également plusieurs services comme une « popote roulante » et un accès à Internet. « Nous avons créé un lieu de rencontre pour tous les groupes d'âge de Saint-Camille et de la région », soutient M. Laroche, président du P'tit Bonheur.
Le P'tit Bonheur de Saint-Camille a été aménagé dans l'ancien magasin général du village.
Plusieurs artistes sont venus se produire sur la petite scène du P'tit Bonheur, dont Daniel Bélanger, Sylvain Lelièvre et Claude Léveillée. Cet automne, Richard Séguin et Bob Walsh sont attendus par les Camillois. Quelques autres groupes musicaux, dont un du Tchad, et un conteur complètent la programmation automnale. Une pièce de théâtre sera également jouée sur les planches de Saint-Camille.
De plus, Le P'tit Bonheur possède une galerie d'art, l'Espace Hortense, où les expositions d'arts visuels se succèdent sans arrêt. Les responsables présentent des artistes de renom, comme Martin Leclerc, fils de Félix, mais aussi des artistes de la relève.
La galerie d'art du P'tit Bonheur accueille des artistes de tous les genres.
Au P'tit Bonheur, la vie communautaire occupe une grande place. Plusieurs services alimentaires ont été mis en place : la « popote roulante », un service de livraison de repas pour personnes âgées, la pizza du vendredi et le petit-déjeuner du dimanche. De plus, les mardis midis, l'ancien magasin général devient un lieu de rendez-vous pour les villageois, qui viennent y prendre leur dîner et peuvent ainsi fraterniser avec leurs concitoyens. Une centaine de bénévoles travaillent au bon fonctionnement de ces activités.
Enfin, Le P'tit bonheur a créé le Centre d'interprétation du milieu rural (CIMR) et offre plusieurs activités de formation, dont certaines en collaboration avec l'Université de Sherbrooke et la Corporation de développement socio-économique de Saint-Camille. « Il est important pour nous de former et de conscientiser les gens et surtout, de se donner des outils pour aller toujours plus loin dans notre développement », souligne M. Laroche.
M. Sylvain Laroche, Mme Renée Wilsey et M. Benoît Bourassa, respectivement président, directrice générale et agent d'animation du P'tit Bonheur de Saint-Camille.
Une autre belle réussite pour le village de Saint-Camille est La Corvée, Coopérative de Solidarité en Soins et Services de Saint-Camille. Mis en place en janvier 2000, cet organisme sans but lucratif offre une multitude de services, en plus d'avoir créé une coopérative d'habitation en mai 2000. C'est pour contrer le manque d'infrastructures d'habitation pour les aînés et pour trouver une nouvelle vocation au presbytère que le Groupe du Coin l'a acheté en 1998.
La Coopérative de Solidarité en Soins et Services de Saint-Camille, c'est une foule d'activités et de soins de santé offerts aux aînés, aux Camillois, ainsi qu'aux gens de toute la région. Située au rez-de-chaussée de l'ancien presbytère, la clinique santé offre les services de professionnels de la santé, notamment ceux d'une infirmière en soins des pieds, d'une ostéopathe, d'une massothérapeute, d'une thérapeute en relation d'aide et d'une acupunctrice.
En outre, La Corvée donne des séances d'activités physiques et de relaxation pour les retraités. La coopérative participe également à la rédaction du journal communautaire de Saint-Camille, produit par la Maison des jeunes, et publie la Chronique des aînés et des rubriques pour promouvoir un vieillissement en santé. Finalement, La Corvée offre aux villageois de Saint-Camille un jardin communautaire et une cuisine collective, en collaboration avec Cuisine Amitié d'Asbestos.
La Corvée est située dans l'ancien presbytère du village de Saint-Camille.
Avec le financement du programme AccèsLogis de la Société d'habitation du Québec et plusieurs autres partenaires, dont le CLD de la MRC d'Asbestos (par l'intermédiaire du Fonds de développement des entreprises d'économie sociale) et la municipalité de Saint-Camille, la coopérative d'habitation a pu accueillir ses premiers locataires en décembre 2000. Avec ses neuf logements, dont six adaptés pour personnes en légère perte d'autonomie, la Maison Art-mon-nid offre aux aînés des appartements conformes à leurs besoins.
La Corvée s'est mérité le Prix Ruralité 2002, décerné par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Ce prix, offert en collaboration avec Solidarité rurale du Québec, est remis à des initiatives de mise en valeur des ressources rurales au profit des collectivités locales et régionales.
Au dire de Mme Joanne Gardner, coordonnatrice de La Corvée, la douzaine de résidants apprécient à la fois l'intimité que procure la coopérative et la multitude d'activités communautaires et de services. « Nos aînés continuent à être indépendants et demeurent des citoyens à part entière », maintient-elle, mentionnant que la coopérative prône les vertus de solidarité et d'entraide propres à une « corvée », d'où le nom est justement inspiré. La coopérative d'habitation connaît tellement de succès qu'une deuxième phase de développement pourrait être entreprise.
Le défi de ces deux organismes est sans contredit de maintenir les postes existants, toujours précaires actuellement. M. Laroche rêve même du jour où ces projets seront à l'origine de plusieurs autres emplois permanents à Saint-Camille.
Dans la cour de la coopérative d'habitation, des aires de repos et l'aménagement paysager agrémentent l'environnement des aînés.